La Belle classique de juillet

Participants : Christian, Manu et JP.

Avec la sécheresse présente depuis quelques semaines et l’absence d’orages annoncés, il est possible de visiter la grotte des Foules à Saint-Claude, sans risque.

Comme l’année dernière, nous choisissons une date en juillet.
Stationnement prudent avant le pont métallique et nous voici parti avec nos sacs à dos et nos kits pour une marche d’approche sympa dans le superbe décor du cirque des Foules. Nous croisons au niveau du chemin qui mène à la ferme du Wim, 2 touristes égarés qui cherchent le chemin pour les cascades (?). Nous leur précisons qu’il est préférable de redescendre.
Bon coup de fraîcheur dans le porche d’entrée pour se changer et nous voici dévalant échelles et cordes jusqu’au torrent vrombissant. Décor superbe mais nos superlatifs se perdent dans le brouhaha sonore des lieux. Un petit bonjour aux aselles et aux niph’s des marmites et nous remontons la galerie de l’Escargot, en commençant la progression par cette charmante attention d’une petite échelle métallique au-dessus d’une grande marmite. Ensuite, c’est plus corsé et la remontée étroite et sub-verticale avant de déboucher dans la galerie H peut se faire en costaud sans matériel mais la poignée est d’un très précieux secours.
Après ces efforts, un peu de réconfort sur la plage de sable fin au début de la galerie H. Casse-croûte, réchaud apporté par Manu pour boissons chaudes, on ferait bien une petite sieste ici dans la fraîcheur de la cavité. Hélas, non car il reste un peu de chemin pour les cheminées du vent.
La galerie H, expérience visuelle : contraste saisissant entre les parois lugubres, noires et le sable blond au sol. Cette année, le sable est plus abondant que l’année passée et nous ne sommes pas les premiers à avoir posé nos empreintes. La galerie H, expérience sonore unique où l’ouïe fine peut percevoir, dès le début de la galerie, le grondement du torrent situé un étage en-dessous. Quelques galeries communiquent avec l’étage inférieur et par ces galeries, comme des pavillons, on entend très nettement « le rut des Béhémots et les Maelströms épais » (pour paraphraser l’ivresse rimbaldienne). La galerie H, expérience intellectuelle : pourquoi des concrétions anciennes et corrodées ? pourquoi du sable fin sans aucun coquillage ? pourquoi cette immense salle sur pendage aux strates triangulaires ? pourquoi des cyanobactéries nombreuses en certains lieux ? La galerie H, espace emblématique des Foules, à son image, envoûtante mais avec un sentiment d’insécurité permanente.
Sur coussin de sable en laminoir mineur, nous quittons cette galerie H, prenons un bol d’oxygène survitaminé par le courant d’air et rejoignons les galeries qui permettent l’accès aux Cheminées du Vent, gonflés à bloc.
Christian sans équipement de progression verticale trouve un petit nid douillet hors courant d’air vers les bidons de survie (on reconnait bien les spéléos expérimentés) pour nous attendre.
Manu débute la remontée des premiers paliers des Cheminées du Vent. Je le suis mais ma petite forme physique ne permettra pas d’escalader au-delà des 2 premières verticales de 15 mètres. On admire le boulot réalisé par le « s’que s’que », club de Saint-Claude, notamment le Dom’, pour ce rééquipement : cordes neuves, fractionnements avec spits et mousquetons inox et aucun frottement.
On aura au moins un peu goûté cette sensation de remonter ces énormes puits verticaux de belle ampleur, avec à l’esprit qu’il s’agit toujours de l’une des plus grandes verticales du département du Jura avec + 263 mètres (seuls Bélard et la Favière possèdent plus de dénivelé négatif). Les grandes cheminées Bolino ou Apocalypse seront au programme pour la prochaine visite.
On retrouve Christian, douillettement emmitouflé et l’on reprend le même cheminement pour la sortie. L’Escargot est sympa dans ce sens mais le pendage de l’entrée des Foules se fait ressentir pour pouvoir retrouver la lumière du jour et la chaleur ambiante. La recherche de jolis galets est un bon prétexte pour quelques pauses lors de la remontée !
Redescente tranquille par le sentier mais on perd Christian qui avait pris quelques raccourcis et finalement nous attendait tranquillement à la voiture en devisant avec François venu nous rejoindre.
On termine cette belle journée en prenant un verre sur la place de Saint-Claude avec François en évoquant divers sujets relatifs à la spéléos et en observant les mœurs curieuses de certains jeunes automobilistes san-claudiens.

JP

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